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CÉRÉMONIE NATIONALE à MONDEMENT Présidée par Monsieur Mékachéra, Ministre délégué aux Anciens Combattants, en présence de Madame Vautrin, Secrétaire d'Etat à l'intégration, de Monsieur Dubois, Préfet de région et du général Malbec, commandant la RTNE. Co-organisée par le Ministère de la Défense ( Direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives) et l'association Mondement 1914-Les Soldats de la Marne-Joffre-Foch " La Marne ", 90 ans après… le 5 septembre 2004. De Senlis à Verdun, les 300 km de la ligne du champ de bataille sont symbolisés, sur le monument national, par la fresque des généraux commandants d'armées. Sous les ordres de Joffre, ils menèrent la bataille. D'Ouest en Est : Galliéni, gouverneur de Paris ; Maunoury, 6ème armée ; maréchal French, Corps expéditionnaire Britannique ; Franchet d'Esperey, 5ème armée ; Foch, 9ème armée ; de Langle de Cary, 4ème armée ; Sarrail, 3ème armée. Joffre au centre, s'appuie sur le fantassin en pantalon rouge, symbole de la bataille. Tradition de la mémoire combattante, autour du monument National Le site de Mondement qui domine les Marais de Saint Gond, situait l'ultime point stratégique dans le front établit par Joffre de Senlis à Verdun pour mettre un terme à l'invasion. Dès 1915, des cérémonies informelles ont lieu sur le site. En 1917, le président Poincaré, entouré du gouvernement se rend à Mondement pour illustrer la cohésion de la Nation et de son armée. Les fantassins en pantalons rouges, les zouaves et le château de Mondement étaient entrés dans la mythologie patriotique. Notre histoire associative L'association " Les Soldats de la Marne ", créée par le Capitaine Chrissement, comptait en 1937 plus de 32 000 adhérents dont beaucoup d'Alliés. C'est là, l'origine de la cérémonie interalliée à Mondement. Le Commandant Gauvin, blessé le 22 mars 1916 à Verdun, gueule cassée, président national des " Soldats de la Marne ", lors de l'inauguration du monument en 1951, institua le Comité Mondement. En 1964, suite à la signature du traité de l'Elysée, officialisant la réconciliation franco-allemande, il invita les survivants du 164ème Hannovrien qui avaient pris Mondement le 9 septembre 1914, à participer, sur le site, à un hommage à tous les morts. C'est là, l'origine de la cérémonie de réconciliation. entouré d'une nombreuse équipe… En hommage aux soldats tués Parce que l'histoire de Marie et Henri de Boisanger est universelle, parce que toute une famille et tout le village de Connantray près de Mondement en portent toujours la mémoire, Erell-Isis Garnier et Régis Arts ont maîtrisé leur émotion pour nous la transmettre. Marie de Boisanger : " Mon mari Henri est militaire. Notre petite fille Cécile a presque 1 an. Je garde sur mon cœur, le poème qu'Henri m'a dédié le 2 avril 1912. Henri de Boisanger, capitaine au 114ème RI de Parthenay : Marie de Boisanger : - " Monsieur le curé d'Angluzelles au Sud du département de la Marne, m'a écrit que le 114ème RI était arrivé le 5 septembre dans son village. Les soldats avaient été transportés par autobus. La poussière de craie était tellement dense que les hommes étaient tout blancs. Henri de Boisanger: " Marie, Cette guerre a de part et d'autre, un caractère sauvage et l'acharnement est égal dans les deux armées. Voilà la France envahie… Cela fait pleurer de voir les pauvres gens qui fuient devant l'invasion…Le recul de l'armée est triste…L'Europe entière est un champ de carnage…C'est l'horreur des champs d'où nous venons, où dorment les morts en pantalons rouges, non enterrés. Marie ! Marie, s'il m'arrivait malheur, si je tombais en soldat, vous savez que nous sommes unis par delà la mort. " Marie de Boisanger : - " Henri m'a écrit au bas de cette lettre les derniers mots qu'il devait tracer ici-bas : 5 septembre 2004, dépôt de gerbe à Soizy-aux-Bois Les soldats tués à l'Ouest des Marais de Saint Gond, à Mondement et sur le plateau Nord de Sézanne du 5 au 9 septembre 1914, reposent à la nécropole de Soizy-aux-Bois à 3 km de Mondement. Le 40ème Régiment d'Artillerie Le 40ème RA qui rend les honneurs, aux ordres du Colonel Septier, fut créé à Saint Mihiel dans la Meuse en 1894. Il fut engagé le 31 août 1914 au sein de la 40ème DI. Pendant la bataille de la Marne, dans la 3ème armée du général Sarrail, il participa aux combats de la trouée de Revigny dans la Meuse jusqu'au 12 septembre 1914. Entre les deux guerres, il participe à l'occupation de la Rhénanie, puis tient garnison à Châlons-sur-Marne et à Verdun. En septembre 1939, il appartient à la 2ème Division d'infanterie Nord Africaine. Après s'être battu en Belgique, il cesse la lutte le 31 mai 1940 dans le Nord, où il recevra les honneurs de la guerre de la part des Allemands. Il renaît en 1943 au Maroc au sein de la 2ème DB. Il débarque en Normandie le 31 juillet 1944 et participe à la libération de Paris et de Strasbourg. Il est dissout en 1949 et recréé en 1952, en Allemagne. Il fait alors partie du Groupement de l'École d'Application de l'Artillerie qu'il suit à Châlons-sur-Marne en 1953. En 1962, il appartient à la 10ème Brigade Mécanisée de Reims. En 1975, il est regroupé à Suippes. En 1977, il devient le régiment d'artillerie de la 10ème DB. En 1985, il rejoint la 2ème DB. A partir de 1995, il se professionnalise et crée des batteries à 8 pièces. En 1995, il déploie un module de 8 canons sur le Mont Igman et contribue au désenclavement de Sarajevo. En 1999, il devient le régiment d'artillerie de la 1ère BM de Châlons-en-Champagne. Les emblèmes A Mondement, le Ministre salue l'emblème du 7ème RTS (regroupement de bataillons de tirailleurs sénégalais) dont la garde d'honneur est assurée par le 21ème RIMA de Fréjus. Le 21ème Régiment d'Infanterie des Troupes de Marine (alors 21ème R.I.C), a participé à la Première Bataille de la Marne, aux combats d'Ecriennes, à l'Est de Vitry-le-François. Le Général Malbec, commandant la Région Terre Nord-Est et le Colonel Septier accompagnent le Ministre. L'emblème du 77ème Régiment d'Infanterie de Cholet dont la garde d'honneur est composée de stagiaires de l'Ecole de Coëtquidan, rappelle les combats du régiment du 5 au 9 septembre, dans les Marais de Saint Gond et sa charge héroïque sur le château de Mondement le 9 septembre 1914. Mondement, mémoire partagée. Joffre, après la bataille : " Le moment venu, il ne faudra pas oublier les Alliés. " Les Belges, autour du Roi Albert 1er résistèrent farouchement et retardèrent l'invasion. L'emblème du 17ème de Ligne et sa garde d'honneur, formée par l'Ecole de la logistique de Tournai, nous rappellent que les soldats belges furent nos frères d'armes. Le commandant de Cartier d'Yves, chef du protocole et le major Rumbaut-Mangin de l'Etat-Major de la Force Armée Belge, le colonel Chabot et monsieur Tilmant du Comité de la Sambre, ont marqué par leur présence les liens indéfectibles qui ont lié nos deux peuples pendant la Grande Guerre. Le commandant Gauvin avait remis la médaille de la Marne à la ville de Liège pour son rôle dans les combats d'août 1914. " La Marne " est tributaire de cette résistance Belge. Le régiment des Royal Fusiliers de Londres, sous les ordres de French qui commandait le premier corps expéditionnaire, a combattu pendant la bataille de la Marne. Véritables soldats de métier, les Britanniques furent les stoïques et courageux compagnons de misère de nos soldats. Joffre avait bien compris qu'ils étaient indispensables à la victoire. French est représenté sur la fresque des généraux commandants d'armée du Monument national de Mondement. Le général Gregson représentait l'ambassade de Grande Bretagne. Depuis plusieurs années, c'est pour nous un grand honneur de recevoir le major Gibson-Horrocks et ses fidèles compagnons du Royal Fusiliers. Les Russes en ouvrant un front à l'Est dès le 12 août, subirent des pertes énormes. Les assauts désespérés de Tannenberg entraînèrent fin août 1914, l'envoi de renforts vers l'Est. Le général Kirilin venu de Moscou avec le colonel Taranov, marquèrent l'importance qu'ils accordent à cette cérémonie de mémoire partagée. Le colonel Eremenko représentait l'ambassade de Russie à Paris. " Puis la France devint le champ de bataille du monde. " Foch. Monsieur Charles KUENTZ. Depuis plusieurs années, Monsieur Charles Kuentz participait à la cérémonie de Mondement où il prononcait une allocution en référence à son passé de soldat mobilisé dans les deux guerres, et dans les deux armées. Au printemps 1917, mon régiment fut transféré en Champagne, puis en Belgique. J'ai combattu les Britanniques. En tant que sous-officier et régleur de canon, j'ai subi en 1918 la rude bataille d'artillerie d'Ypres et du mont Kemmel. En 1939, je fus mobilisé sous l'uniforme français en tant que télégraphiste. En 1940, l'Alsace et la Lorraine furent annexées au IIIème Reich. Mon fils François, né en octobre 1926, fut incorporé de force en février 1944. Il fut blessé mortellement en Normandie et décéda au mois d'août 1944 à Reims. Il repose au cimetière de Sillery avec la mention Mort pour la France. C'est cela la tragédie des Alsaciens-Lorrains. Docteur Savary, président du Conseil Général de la Marne. Le Dr Savary, président du Conseil Général de la Marne a rappelé le lourd tribut payé par le département de la Marne aux 4 années de guerre. " Les habitants de la Marne sont particulièrement attachés au devoir de mémoire. Le souvenir des destructions causées par le conflit est encore vif, malgré les années passées. Le département a payé un lourd tribut à la première guerre mondiale…La mémoire est aussi, comme le monument de Mondement, un hommage. Elle est l'expression d'une dette à l'égard des victimes de l'Histoire. Mais il ne saurait y avoir de véritable mémoire si elle n'est pas habitée par les valeurs du présent et les engagements pour l'avenir…" Le site et le monument de Mondement sont la propriété du Conseil général qui en assume un remarquable entretien. Madame Desroches, maire de Mondement, après avoir souhaité la bienvenue aux participants sur le territoire de sa commune, honorée d'accueillir le ministre délégué aux Anciens Combattants, Monsieur Mékachéra, a rappelé que la mémoire était le ciment de l'avenir. Lcl (H) DOMENICHINI et les élèves de l'école d'Anglure. " 5 septembre 1914…5 septembre 2004. Ici, sur le champ de bataille…. " Au moment où s'engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière. Tous les efforts doivent être employés à attaquer et refouler l'ennemi. Une troupe qui ne peut plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée. " Le général en chef. La bataille des frontières d'Août 1914, après quelques succès, s'était achevée en un désastre meurtrier. Joffre avait ordonné et ordonnancé la retraite le 23 août. Joffre, lui substitue immédiatement, une manœuvre d'enfoncement frontal. A l'Ouest, il s'agit de contenir la poussée de l'aile droite. Le reste du front, au Centre et à l'Est, doit, non seulement, stopper l'adversaire, mais le refouler. Dans la Meuse, les combats de la Vaux-Marie, Rembercourt-aux-Pots seront dévastateurs. C'est au centre géographique du front, au Sud du département de la Marne, que le sort des armes va se jouer. Le front de la 9ème armée Foch peut être disloqué : Paris est à 100 km par la plaine, la 5ème armée et les Britanniques peuvent être pris à revers. De Soizy-aux-Bois à Mailly-le-Camp, les combats vont être enragés. Le 9 septembre, von Bülow, constatant la césure entre la 1ère et la 2ème armée, signe l'ordre de retraite de la 2ème armée, en présence de l'émissaire du Haut Commandement. Cela entraîne le recul des armées allemandes. Le 10 septembre, à l'ouest de Mondement, la poursuite est générale. A l'Est, les combats se poursuivent. Monsieur Mékachéra, Ministre délégué aux Anciens Combattants " Ici même, dans les premiers jours de septembre 1914, sur ces terres jadis foulées par les plus grandes armées de l'Histoire, aux portes de notre capitale s'est joué le salut du pays. 90 années ont passé. Elles n'atténuent pas l'éclat de la Victoire de la Marne. Pour toujours, elle est gravée dans les mémoires pour ce qu'elle fut : une des plus grandes batailles de l'Histoire de l'Europe, un des succès militaires les plus décisifs de l'Histoire de France, une page fondatrice de l'Histoire de la République. Aujourd'hui, au nom du gouvernement, au nom des Françaises et des Français, je suis venu rendre un hommage qui leur est dû aux soldats victorieux de ces grandes journées, aux chefs illustres qui les menèrent à la Victoire, aux Alliés qui furent à nos côtés. Avec respect et reconnaissance, je m'incline devant la mémoire des combattants- Français, Britanniques et Belges- qui tombèrent au champ d'honneur en si grand nombre pour sauver notre patrie. En cette journée du souvenir, nos pensées se tournent naturellement aussi vers les soldats allemands. Ils servaient leur patrie. Ils se sont battus dans l'honneur. Leurs pertes furent impressionnantes. …Le courage et la liberté sont des valeurs qui sont au cœur de la Victoire de la Marne et qui demeurent plus que jamais, d'une totale actualité. |
